Le répit, cette « éclaircie à l’horizon » difficile à entrevoir pour les aidants

Publié par Lucas Morel / Le blog de La pause Brindille / Pas de commentaire

Le 12 mars 2020, s’est tenue à Lyon la conférence intitulée « De la nécessité d’un répit psychique pour les aidants ». Hélène Viennet, psychologue et psychanalyste travaillant auprès des aidants, y est intervenue dans le cadre du Diplôme Inter Universitaire de Répit. Le répit dont ont besoin les aidants, les difficultés qu’ils rencontrent pour se l’accorder, ainsi que sa mise en place ont été abordés.

 

répit aidants

Henri De Rohan-Chabot, délégué général de l’association France répit et directeur de la métropole aidante, fondateur du DIU de Répit et Hélène Viennet à la conférence « De la nécessité d’un répit psychique pour les aidants »

Le répit, besoin vital pour l’aidant

 

Lorsque « la maladie s’est invitée sans avoir été invitée » nous dit Hélène Viennet, c’est « un coup de tonnerre dans le ciel serein », la vie de la famille est bouleversée. Quelqu’un va alors devoir apporter une aide quotidienne au proche malade. Cette personne deviendra de fait un aidant, souvent sans se reconnaître dans ce terme. Mais cette aide va peser lourd, occuper énormément de temps au quotidien et engendrer de la fatigue et du stress. A long terme, l’aidant s’épuise.

C’est là que la nécessité du répit se fait sentir. Le répit c’est « un lieu, un temps, un souffle, un séjour », nous dit Hélène Viennet. C’est réussir à prendre du temps pour soi, pour se reposer. Sortir de la posture de l’aidant et retrouver sa propre identité. C’est aussi prendre de la distance et revenir en étant disponible, « c’est pouvoir se retrouver » assure la psychologue.

S’accorder du répit, pas simple pour l’aidant

 

Malgré le fait que le besoin de répit soit ressenti par l’aidant, sa mise en pratique se heurte à divers obstacles. Les aidants sont confrontés à un « idéal », des attentes très hautes qu’ils se fixent pour eux-mêmes. « Il y a tout le temps un « idéal aidant », et on se jugera toujours comme mauvais », insiste Hélène Viennet. Cet idéal entraîne un sentiment de culpabilité lorsqu’on évoque le répit, et constitue un frein pour l’aidant. 

Un des obstacles majeurs à la prise de répit se trouve également dans le fait de disposer d’un lieu dans lequel pouvoir prendre du repos. Il existe très peu de lieux dédiés en France. Sans ces espaces à disposition, envisager le répit devient impossible. Assurer la garde du proche et la continuité de ses soins durant l’absence de l’aidant est également une difficulté importante à surmonter.

Accompagner vers le répit

 

Pour que le répit soit accepté par les aidants, il faut répondre au plus près de leurs besoins. Hélène Viennet leur propose du « répit psychique », qui passe notamment par des « temps de rêverie ». Temps durant lesquels elle soutient les aidants par le dialogue, en accueillant les peurs et les craintes de ceux-ci. En janvier 2020 est paru son livre « A l’écoute des proches aidants », dans lequel elle rapporte son expérience d’accompagnement thérapeutique.

Lorsque la parole a été donnée au public lors de la conférence, plusieurs aidants ont partagé leurs expériences de répit. Il en est ressorti l’importance que revêtent ces temps que les aidant prennent pour eux, afin de pouvoir supporter l’aide apportée au quotidien.

L’enjeu central de l’existence de lieux permettant le répit a également été souligné. L’exemple de la Maison de Répit de Tassin La Demi-Lune (69160) est revenu à plusieurs reprises : « Il y a de très belles choses à la Maison de Répit ; je n’étais pas là pour habiller [ma fille], pour la soigner… il y avait juste une mère et sa fille pour le lien affectif .», témoigne une mère aidante.

Bien qu’il soit difficile de se l’autoriser, le répit est donc essentiel pour les aidants, afin qu’ils puissent continuer à avancer et soutenir.

La pause Brindille, un complément de répit

La pause Brindille souhaite accompagner les aidants à s’accorder des « petits temps de répit », un retour à soi salutaire par la mise en place d’une programmation de soutien, de découverte de soins naturels (yoga, naturopathie, cuisine saine, sorties sensorielles en nature…) et d’échange informel en différents points de l’agglomération.